Réchauffement climatique, hausse des coûts de production, raréfaction des ressources… Les brasseurs et brasseuses sont confrontés à de nombreux défis liés au développement durable. Comment s’adapter pour concilier rentabilité et responsabilité ?
La RSE, un investissement coûteux mais nécessaire
Intégrer une démarche RSE implique des coûts souvent élevés, notamment pour les petites brasseries. Pourtant, limiter son impact environnemental et améliorer sa responsabilité sociétale devient incontournable.
Les brasseries doivent composer avec cette charge supplémentaire, tout en restant rentables dans un contexte économique tendu. L’enjeu est de taille, mais les mentalités évoluent progressivement.
« Privilégier les houblons et malts locaux, développer la vente en fûts consignés, limiter les pertes… De nombreuses initiatives vertueuses émergent pour réduire l’empreinte carbone des bières artisanales. »
Théodore Becquart, Fondateur de Brewing Theory
Le pari de la consigne et du réemploi
La loi AGEC prévoit une généralisation de la consigne d’ici 2025, avec un objectif de 10% de contenants réemployables. Un vrai défi logistique et économique pour la filière brassicole.
Le modèle économique du lavage et de la récupération des bouteilles doit encore être optimisé. Les brasseurs sont incités à adopter des contenants standardisés et à revoir l’organisation de leur production.
Sobriété énergétique et process optimisé
Face à l’explosion des coûts de l’énergie, de nombreux leviers existent pour réduire la consommation des brasseries : suppression de l’ébullition pour les bières non refermentées, utilisation de levures à température ambiante, brassage en heures creuses…
L’optimisation de l’empâtage et la réduction des pertes à l’embouteillage permettent aussi de substantielles économies. Les brasseries n’ont d’autre choix que de revoir leur processus de A à Z.
Mesurer et piloter pour progresser
Une démarche RSE réussie nécessite de mesurer précisément ses consommations en eau, énergie… et ses émissions polluantes. De nombreux brasseurs manquent encore de visibilité sur ces indicateurs clés.
Des outils de suivi sur chaque étape du processus brassicole sont indispensables pour identifier les leviers de progrès et faire évoluer les mentalités en interne.
Circuits courts et lutte contre le gaspillage
Privilégier les houblons et malts locaux, développer la vente en fûts consignés, limiter les pertes… De nombreuses initiatives vertueuses émergent pour réduire l’empreinte carbone des bières artisanales.
Upcycler ses drêches en nourriture pour champignons ou en cosmétiques, comme le font certains pionniers, ouvre également des perspectives prometteuses.
Un avenir dans la filière brassicole ?
Ces défis soulignent l’évolution rapide du secteur, avec un accent sur la durabilité et la réduction des coûts. Les brasseurs doivent faire preuve d’agilité pour s’adapter, innover et rester compétitifs, tout en limitant leur empreinte environnementale.
Le développement durable s’impose comme une nécessité pour assurer la pérennité de la filière. Les brasseries ont fort à faire pour transformer l’essai d’ici 2024 !