[presto_player id=2909]

Les grandes tendances de la filière brassicole française pour la fin de 2026

Les grandes tendances de la filière brassicole française pour la fin de 2026

Mis à jour le 15 septembre 2026

En bref

Le marché français conserve environ 2 500 brasseries. Le bilan 2025 relayé par Brasseurs de France recense 213 ouvertures et 209 fermetures : une quasi-stabilité du nombre d’établissements qui ne signifie pas absence de difficultés. (brasseurs-de-france.com)

Pour la rentrée 2026, SUPERPOTION™ retient quatre priorités :

  • Construire une offre de bière sans alcool réellement identifiable
  • Évaluer la rentabilité de la vente directe
  • Simplifier la gamme sans effacer la créativité
  • Choisir les emballages avec leur circuit logistique

Changement de paradigme : ne plus mesurer la vitalité d’une brasserie uniquement au nombre de nouveautés qu’elle sort !

1. Un marché en tension : l’état des lieux de la filière brassicole française

2 500 brasseries, mais une croissance en plateau

Le chiffre français décrit un tissu productif dense. Il ne donne pas, à lui seul, le nombre d’entreprises rentables ni leur capacité d’investissement.

À l’échelle européenne, la publication des Brewers of Europe du 9 juillet décrit une baisse de production et de consommation, tandis que la bière sans alcool poursuit sa progression. Ce bilan européen ne constitue pas une mesure de l’été français.

Notre lecture : la fin de 2026 doit être abordée avec des hypothèses de vente réalistes, et non pas avec l’idée qu’une reprise générale absorbera mécaniquement les capacités disponibles.

Evolution du nombre de brasseries françaises en activité - Janvier 2026
Source : projet Amertume

La concentration de la production reste massive

Notre précédent dossier, fondé sur le Projet Amertume, soulignait l’écart entre le nombre de petites unités et leur poids dans la production.

Nous conservons ce constat structurel (quelques grands sites industriels comme Champigneulles ou Saint-Omer concentrent toujours l’essentiel des volumes) sans republier ici des pourcentages dont le millésime et le dénominateur devraient être réexpliqués.

Conséquence pratique pour nous : une microbrasserie n’a pas nécessairement intérêt à reproduire la stratégie d’un acteur industriel. Sa différence peut se construire dans le lieu, la relation, le service et l’ancrage territorial.

La crise touche toute la chaîne de valeur

La distribution doit être considérée comme une partie du modèle économique. Les difficultés rencontrées par des distributeurs spécialisés comme The French Factory l’ont rappelé.

Pour analyser la situation d’une brasserie, nous regarderions ensemble :

  • La contribution de chaque canal
  • Les délais de règlement
  • Les stocks et retours
  • Les coûts de livraison
  • Les volumes réellement récurrents

Une hausse du chiffre d’affaires ne suffit pas à conclure que l’entreprise s’est renforcée.

Pour creuser davantage le sujet, on vous conseille l’article détaillé : « État des lieux du marché brassicole en 2026 : une filière entre plateau et mutation« .

2. Consolidation, brewpubs et rationalisation : les trois forces qui redessinent le craft français

Fusions et rachats : la consolidation s’accélère

Les regroupements décrits dans notre dossier précédent (les Fabulous French Brasseurs portés par la Brasserie de Bretagne, The Beers Family, l’alliance New Beers de Mélusine, ou le Groupe Boissons de Corse piloté par Pietra, qui a repris Paname Brewing) peuvent répondre à plusieurs besoins : partager un outil, renforcer la vente ou éviter la disparition d’une activité.

Nous proposons de juger un rapprochement sur son fonctionnement plutôt que sur sa seule annonce :

  1. Qu’est-ce qui est réellement mutualisé ?
  2. Qui décide de la gamme ?
  3. Comment l’identité locale est-elle conservée ?
  4. Quels coûts disparaissent (et lesquels s’ajoutent) ?

La consolidation mérite d’être racontée comme une transformation organisationnelle, plutôt qu’une «victoire» ou une «défaite» du craft.

Source : Projet Amertume

Les brewpubs et taprooms deviennent indispensables

Le bilan américain de mi-année apporte un élément intéressant : les taprooms résistent mieux en évolution des volumes que les autres modèles étudiés. La Brewers Association rappelle aussi les limites de son enquête, notamment un possible biais en faveur des répondants en meilleure situation.

Notre lecture pour la France : la vente directe est une piste sérieuse. Attention tout de même car ce n’est pas une recette universelle.

Un brewpub associe production et consommation sur place. Une taproom est un espace de dégustation et de vente, attenant ou non à la brasserie ; le terme n’exclut pas qu’une production existe sur le même ensemble immobilier. Le concept n’est pas neuf : les 3 Brasseurs l’exploitent depuis 1986.

Pour piloter le lieu, nous recommandons de distinguer sa performance de celle de la production : fréquentation, panier, coût de personnel, offre alimentaire et contribution nette.

Brasserie proposant une offre de restauration
Source : Projet Amertume

Des gammes plus resserrées, des recettes plus simples

Nous conservons l’intérêt d’un cœur de gamme solide, mais nuançons le récit d’un retour universel aux lagers.

Innova relève encore en Europe des pistes fruitées, hybrides et orientées vers l’exploration gustative. La recherche de simplicité commerciale n’implique donc pas l’uniformité sensorielle.

Notre proposition de méthode :

  • Identifier les références dont le réachat est régulier
  • Préciser le rôle de chacune
  • Limiter les doublons
  • Réserver un espace défini à l’expérimentation
  • Fixer avant lancement les critères de poursuite ou d’arrêt

Une édition créative peut avoir une fonction d’image. Il faut simplement savoir qu’on l’évalue comme telle.

3. Sans alcool, canette, terroir et filière amont : les quatre fronts de l’innovation

La bière sans alcool, segment incontournable mais complexe

En grande distribution française, la bière sans alcool a progressé de 11,5 % en volume en 2025 et représentait près de 6 % des volumes, selon les données relayées par Brasseurs de France. Ces chiffres concernent ce canal et cette année. (brasseurs-de-france.com)

Le signal nouveau pour l’automne vient des styles saisonniers. Samuel Adams a annoncé un Octoberfest sans alcool pour le marché américain. Nous y voyons clairement une piste : faire participer le sans-alcool à la culture de la bière, plutôt que le traiter comme un produit périphérique réservé aux « sober curious ».

Pour une petite structure, nous recommandons de comparer sous-traitance (chez des spécialistes comme Anders! ou BCB en Belgique) et production interne avant tout investissement, avec un cahier des charges gustatif et sanitaire.

Petit point vocabulaire : en France, la dénomination réglementaire « bière sans alcool » peut s’appliquer jusqu’à 1,2 % vol. Elle ne signifie donc pas nécessairement 0,0 %.

La canette confirme sa percée

Le bilan français 2025 fait apparaître une progression des canettes en grande distribution, mais aussi du format bouteille de 75 cl. La lecture « un format remplace tous les autres » serait donc trop rapide.

La reco SUPERPOTION™ : attribuer un rôle à chaque conditionnement.

  • Format individuel pour certains achats d’essai
  • Bouteille de partage pour des usages de table
  • Fût pour les circuits adaptés
  • Réemploi lorsque la boucle est effectivement organisée

Le choix doit inclure les quantités minimales, le stockage et les coûts de transport.

Pour tester le format sans investir dans une ligne, l’encannage mobile (Remplis-moi, Canette Factory ou l’Encanneur) et les solutions d’impression sans minimum de commande comme Nomoq restent des portes d’entrée à moindre risque. Rappelons enfin que trois bières sur quatre vendues en France le sont en grande surface : et c’est précisément ici que se joue la visibilité du format.

Terroir, houblon bio et malteries régionales : la filière amont se structure

Notre dossier avec Emmanuel Gillard documentait le développement du houblon français et des malteries régionales. Faute de nouveau recensement homogène dans cette veille, nous conservons cette base sans présenter ses chiffres comme un bilan de septembre.

Pour renforcer le sujet, nous proposons de raconter une bière de terroir à partir d’éléments concrets : producteur, provenance, récolte, choix de maltage et conséquences gustatives. Des brasseries comme Dulion montrent qu’un lot variable oblige aussi le brasseur à adapter ses diagrammes de chauffe.

Notre piste d’article complémentaire : suivre une même recette sur plusieurs récoltes et demander au brasseur ce qu’il a réellement dû adapter.

Pourcentage de marques de bières biologiques
Source : Projet Amertume

La guerre des fûts : inox contre usage unique

Nous remplaçons les anciens tarifs génériques par une comparaison à devis actualisés.

Pour choisir, il faut comparer :

  • Achat ou location
  • Rotation du parc
  • Collecte et retour
  • Lavage
  • Pertes
  • Distance
  • Contraintes du client

Entre l’achat d’inox et l’usage unique, les services de location comme Myfut ou Soofût et les fûts inox allégés, à l’image du Vertex de Thielmann, élargissent le choix.

Les premiers résultats de ReUse rappellent plus largement que le réemploi est une organisation collective à construire. Cette logique de système doit également guider la réflexion sur les contenants professionnels. (citeo.com)

Notre conclusion : l’inox et l’usage unique peuvent coexister dans une même brasserie, à condition que chaque choix corresponde à un circuit explicite.

Cette mise à jour ajoute une veille documentaire de rentrée aux analyses précédentes d’Emmanuel Gillard.

FAQ

2464 1856 Ludovic Mornand

Ludovic Mornand

Fondateur de l'agence de design Studio Blackthorns et du media SUPERPOTION™. Ludovic est le fondateur et directeur de Studio Blackthorns et SuperPotion™. Il anime les émissions SuperPotion™, The Bottlefield Show et 1000 Hectos, toutes les trois spécialisées dans le secteur de la boisson. « À travers ce podcast, à la fois fun et enrichissant, j’ai souhaité marquer mon empreinte d’expert dans le secteur de la boisson alcoolisée et non-alcoolisée en invitant des professionnels de l’industrie : brasseurs, distillateurs, vignerons, cavistes, journalistes. Mon but est d’apporter de l’inspiration à ces acteurs de la filière Potions pour les aider à sans cesse se renouveler. C’est ainsi qu’est né le podcast SuperPotion™, une émission divertissante et empreinte de nostalgie pop-culture pour les années 90s. SuperPotion, un élixir d’innovation pour sublimer toutes vos boissons ! »

Articles publiés par : Ludovic Mornand
Encore un article cool !
Encore un article très cool !!